les humeurs d'une libertine engagée

des coins à voyeurs réglementés ?

Une copine vient de se faire gauler par la gendarmerie en train de s’exhiber avec son homme dans un coin à voyeurs bien connu de sa région. Là-bas, pas de passants, pas de petites familles en vadrouille. Juste des gays qui se turluttent, des voyeurs et quelques couples exhibitionnistes. Bref, ce gentil couple coquin s’est fait embarquer : la honte…

Mais ce n’est pas fini. Le procureur a menacé d’entamer des poursuites. Et c’est qu’on risque la taule pour ça ! Faut pas pousser mémé dans les orties non plus ! Ils gênaient qui ? Le principe de la liberté qui s’arrête à la liberté d’autrui, c’est uniquement pour la Corée du Nord et l’Arabie Saoudite ?

Oui, mais, me direz-vous, si, tout de même, une famille avec bambins était passée à proximité, avait vu ma copine libertine en train de coquiner avec son mec pendant que les voyeurs se branlaient ? Horrible ! Heureusement, finalement que ce n’était que la gendarmerie.

Moi, je veux bien. Mais vous pourrez faire ce que vous voulez, il y aura toujours des couples exhibitionnistes et des voyeurs pour les mater, en forêt, sur certaines plages, sur des parkings… Ok, j’oublie les plages marines, à cause de la loi littoral. Mais dans des coins reculés de forêt, sur des parkings désaffectés souvent glauques, on ne pourrait pas avoir tout simplement des coins à voyeurs réglementés.

Un joli panneau indiquant de quoi il s’agit, au cas où, par un miracle insensé une mère de famille voulait promener ses gamins dans ces lieux souvent sordides (elle serait informée que non, mieux vaut aller ailleurs), et les gays comme les exhibs-voyeurs pourraient s’en donner à cœur joie sans le moindre risque d’imposer quoi que ce soit, à qui que ce soit.

De fait, ce genre de lieux existe déjà. C’est juste le législateur qui est à la bourre, et qui veut se mêler de nos histoires de cul. Comme d’hab.

11 juin, 2014 à 11 h 38 min | Commentaires (0) | Permalien


Gangbang et sexisme

Alors, on me dit que le gangbang est une façon de rabaisser la femme, de la soumettre au désir des hommes. Moi je veux bien, mais j’ai quand même quelques doutes sur la question. Mais le gangbang, c’est quoi exactement ? C’est une femme seule (à la limite 2) partouze avec plusieurs mecs. Et donc ça, pour une féministe néo-réac, c’est pô bien.

Donc, si je comprends bien (vous me direz où je me trompe), un mec qui coucherait avec plusieurs nanas serait une pauvre victime, utilisé pour son corps par des femelles en chaleur ? Dites ça à mon mec (et je suppose, à la plupart des hommes) et vous aurez une victime tout à fait volontaire pour passer au sacrifice du gangbang « inversé ».

Oui, il m’est arrivé (et il m’arrivera encore sans doute) de participer à un gangbang. Quand je dis participer, c’est histoire de dire, vu que si je n’avais pas été présente, les choses auraient sans doute été très différentes pour les hommes – a priori hétérosexuels – présents.

J’aimerais donc comprendre comment moi, utilisant la libido de pauvres hommes prêts à se bousculer pour accéder à mon corps de rêve (ou pas), je peux faire preuve de sexisme ou de machisme. Ou alors, la pratique du harem est une pratique féministe. Je ne sais pas pour vous, mais je ne suis sûre de ce coup là.

10 janvier, 2014 à 9 h 37 min | Commentaires (1) | Permalien


Libertinisme et cinéma

Vous ne le saviez peut-être pas, mais le cinéma est un art puritain. D’où me vient cette idée ? D’une recherche que j’ai faite pour un nouveau magazine en ligne consacré au libertinage. J’y ai posté un article sur l’échangisme au cinéma, et je dois bien dire que mes recherches en la matière m’ont conduite à penser que, vraiment, le cinéma n’aimait pas les sexualités de groupe.

Car, mis à part l’excellent ShortBus et le très bon Peindre ou Faire l’Amour, les réalisateurs de cinéma – cinéma d’auteur, blockbusters ou comédies franchouillardes – ne parlent d’échangisme que pour le dénoncer. Tristouille à souhait.

Quoi qu’il en soit, si vous voulez retrouver ma chronique féministe et libertine sur le magazine LA VIE LIBERTINE, voici l’adresse de ma page perso : http://www.lavielibertine.fr/author/elise/.

En attendant, je promets de reprendre le cours de ce blog plus régulièrement.
Bises

18 novembre, 2013 à 9 h 47 min | Commentaires (0) | Permalien


sexblogueuses ? mon cul !

C’est ce qui s’appelle avoir pignon sur rue. Sur web, pour être plus précise. Les sexblogueuses donnent leur avis sur tout et n’importe quoi, et surtout sur le sexe, sans surtout prendre le temps (c’est un principe déontologique) ni de s’informer, ni de réfléchir. Alors, c’est quoi une sexblogueuse ? Et surtout comment reconnait-on une bonne sexblogueuse ?

La sacro-sainte loi de l’audimat a parlé. La bonne sexblogueuse, c’est celle qui nous assène ses vérités sur le sexe depuis longtemps et parfois très, très (trop ?) longtemps. La sexblogueuse a commencé son blog à l’époque où mamy ne savait pas se connecter sur internet, à l’époque où papa ne savait pas ce qu’était un blog. Du coup, elle s’est fait un public, la sexblogueuse, et Google l’adooooooooooore (parce que oui, Google aime l’ancienneté).

La sexblogueuse écrit comme l’héroïne de Sex and the City. Elle parle de sexe sans détours, elle est décomplexée, moderne, vivante. La sexblogueuses est gay-friendly, évidemment, parce qu’elle est de gôche, et qu’elle trouve que tout le monde doit pouvoir faire ce qu’il veut de son cul et de ses amours.

Tout le monde, vraiment ? Oui, à l’exception notable des libertins, des adeptes SM, des échangistes, des mélangistes, des partouzeurs, des sados, des masos… Alors quoi, pas tolérantes, les sexblogueuses ? Ben non. Mais alors pas pour un sou. Parce que ce qui l’énerve, la sexblogueuse, c’est qu’on puisse raconter sa vie sexuelle (elle appelle ça s’en vanter) : mais fallait peut-être pas poser la question, alors !

Et oui, les sexblogueuses c’est comme Sex and the City : ça parle de sexe, mais c’est resté gnan-gnan à souhait, le genre qui n’effraie pas France Inter quand il s’agit d’aller cachetonner… Parce qu’au fond, les sexblogueuses sont restées de grandes puritaines. Elles ne supportent pas voir le bonheur sexuel des autres, elles trouvent ça suspect.

Alors, elles jugent nos sexblogueuses. Elles ne suppportent pas que les SM se sentent l’aristocratie du sexe (Maïa Mazaurette), alors elles supputent que ça ne doit pas être si bien que ça. Elles trouvent que les clubs libertins, c’est beauf (Agnès Giard), et que les femmes ne doivent pas y être consentantes, et que tous les libertins sont homophobes, et que, au final, c’est pô bien…

Les sexblogueuses sont à internet ce que la presse féminine est à la presse papier : un bel effort, dont le féminisme apparent s’est vite fait reprendre par le conformisme le plus bêlant. Personnellement, je pense que celles et ceux qui veulent une sexualité « à la papa » font bien ce qu’ils/elles veulent, ça les regarde. Alors je ne suis pas une sexblogueuse…

8 février, 2013 à 11 h 42 min | Commentaires (0) | Permalien


salope !

Une fois n’est pas coutume, mon chéri et moi sommes allés à une soirée libertine mixte. Vous savez, celles où les hommes seuls sont conviés, le plus souvent en nombre limité. J’aime bien ce genre de soirées, en fait. Ça évite le côté un peu « m’as-tu vu ? » des soirées couples. L’atmosphère est plus détendue. Mais de là à me faire traiter de salope.

Nous étions donc dans cette soirée libertine mixte, dans un club que je ne citerai pas. Quand un joli mec, la trentaine, s’est mis à me faire du gringue pendant que je buvais un verre avec mon homme et un couple avec qui nous venions de nous amuser. Intriguée et attirée par son sourire, je l’ai laissé me draguer : charmant.

Du coup, comme c’est l’habitude dans ce genre de lieux, nous nous sommes vite retrouvés en position horizontale, avec lui, mon homme et le couple dont je parlais plus haut. Et voilà t’y pas que je me retrouve prise en levrette par l’étranger. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, quand, entre deux coups de bite, le gars me lance : « tu aimes ça salope ! ».

Ah oui, on a gardé les cochons ensemble ? Je ne me souvenais pas. Autant j’aime bien me faire gentiment traiter de salope par mon homme (tout dépend du contexte) ou même par un étranger si je l’invite à le faire, autant là, franchement…

Alors, une question : une libertine est-elle forcément une salope ? Ou, si je reformule avec un peu plus de bonne volonté : une libertine aime-t-elle forcément se faire traiter de salope, en toute occasion ? Messieurs, j’ai un scoop pour vous : la réponse est non, trois fois non. Bande de salauds…

5 février, 2013 à 11 h 02 min | Commentaires (0) | Permalien


facebook et la censure

Ah ! les réseaux sociaux ! ce monde de liberté on l’on peut échanger toutes les idées, toutes les infos, tous les points de vue ! Sauf que voilà : Facebook ne veut pas de porno. C’est une chose. Mais définir la pornographie en est une autre. On se souvient sans doute de cette anecdote : un artiste voit son compte fermé (censuré, donc) pour avoir publié L’Origine du Monde, de Courbet. La presse en a fait ses choux-gras.

Quelle mauvaise foi ! Puisque le « social network » s’est immédiatement excusé de l’excès de zèle, rétabli le compte en question et fait son mea culpa. Ne dit-on pas : « faute avouée est à moitié pardonnée ». Mais alors à moitié seulement…

Car, maxime pour maxime : « Errare humanum est, perseverare diabolicum ». Et pour ce qui est de « perseverare », Facebook ne lésine pas sur les moyens : un bout de nichon sur un tableau, une photo perso en petite tenue, même sur un mur visible uniquement par des amis choisis et la sanction tombe. Facebook n’aime pas Eros, qu’on se le tienne pour dit !

Pire, Facebook réalise le rêve de Staline : ce sont les utilisateurs qui se dénoncent joyeusement les uns les autres, plus besoin de payer une police (une équipe de modérateurs), le citoyen facebookien fait la sale besogne. Et Facebook de juger, en dernier recours, de la pertinence de laisser tel ou tel contenu (artistique, notamment) visible par de très éventuels mineurs. La censure privatisée…

Ce n’est plus l’état, légitimé par ces choses étranges qu’on appelle des élections, qui définit le cadre de la censure. Non. C’est Facebook, Twitter, YouTube et cie qui ont pris le relais. Et, étrangement, chaque type de réseaux a son jumeau lubrique : Facebook contre Twitter, mais aussi YouTube contre DailyMotion.

Alors que sur DailyMotion s’affichent des vidéos plus ou moins coquines, en veux-tu, en voilà, YouTube censure à tout va. Dernière victime en date (à ma connaissance), la vidéo d’Yves Klein préparant ses anthropométries de l´époque bleue :

Cette vidéo a été supprimée, car elle ne respecte pas les règles de YouTube concernant la nudité et le contenu à caractère sexuel

Ou comment s’aligner sur Téhéran pour la politique artistique… Mais n’ayez crainte, braves gens, la pudeur de vos chères têtes blondes est bien protégée. A qui le tour ?

24 janvier, 2013 à 0 h 59 min | Commentaires (0) | Permalien


mariage gay et libertinisme

C’est le sujet à la mode, alors je m’y colle. Mes ami(e)s pourront être surpris de voir une libertine revendiquée comme moi prendre position pour le mariage, fut-il gay. Après tout, quelle vieille institution ringarde, quelle sale idée d’appartenance à autrui… En soi, je ne suis pas emballée par le concept de mariage, cela va sans dire.

Mais ce dont il est question, ce n’est pas du mariage gay, ni même du mariage pour tous. Ce dont il est question, c’est du droit au mariage, pour tous. Si des gays sont assez conformistes pour vouloir se marier, qui pourrait le leur refuser ? Les vociférateurs des cultes peuvent bien gueuler qu’ils défendent la famille, à l’arrivée, ils s’opposent au mariage (ça, c’est notre boulot, théoriquement) et au droit de faire famille.

Alors, que viendrait faire le libertinisme dans cette galère ? Peut-être protéger les enfants des couples déjà existants ? Oui, en effet, et leur garantir les mêmes droits qu’à tous les mômes, accessoirement…

Mais surtout, surtout, il s’agit de défendre l’égalité des droits. Vous ne voulez pas vous marier, vous trouvez l’institution du mariage sordide ? C’est votre droit. Mais c’est aussi le droit de Maurice et Mohamed, Geneviève et Eva, de penser le contraire. Et de vivre leur amour comme bon leur semble.

J’en arrive à un point sensible. Le libertinisme, ce n’est pas être contre la norme pour être contre la norme. C’est s’autoriser à la dépasser si elle ne nous semble pas adéquate. On peut être libertin en étant fidèle. On peut ne pas l’être du tout en allant en club échangiste tous les samedis soirs avec sa « moitié ». Le libertinisme, c’est refuser de se laisser dicter une norme, juste parce qu’on n’a pas imaginé faire autrement, ou juste parce que ça fait mauvais genre.

Et appliquer ces beaux principes aux autres. J’en connais, qui se disent libertins (ou libertines) en privé, et qui se sont mêlés aux brailleurs de bénitiers lors des manifs. Comment peut-on se prétendre libertin en refusant le droit aux autres de faire comme bon leur semble ? J’en connais d’autres qui se réfugient derrière leur opposition au mariage, comme si c’était la vraie question.

Non. La vraie question, c’est l’homophobie que, pourtant, contestent les manifestants. Ils en ont assez qu’on les traite systématiquement d’homophobes quand ils viennent refuser aux autres la simple égalité des droits ? Qu’ils arrêtent d’être homophobes, et on arrête aussi, promis…

23 janvier, 2013 à 0 h 21 min | Commentaires (1) | Permalien


laissez-nous baiser !

Voilà, j’ouvre mon blog. Non pas pour raconter ma vie sexuelle – quoi qu’elle pourrait en intéresser beaucoup, si ce n’est les instruire – mais pour partager quelques idées sur le sexe, l’érotisme et le libertinage et, pourquoi pas, ouvrir un peu le débat. Quoi qu’il en soit, j’ouvre surtout ce blog pour me lâcher et pour dire tout le mal que je pense des puritains, des pisse-froid et des peine-à-jouir qui entendent régir non seulement le monde, mais aussi notre sexualité.

D’où qu’ils viennent (je pense aux intégristes chrétiens, musulmans et autres, mais aussi aux féministes anti-sexe, etc..), je leur dis une chose : laissez-nous baiser ! Qu’on soit gouine, pédé, partouzeuse ou sadomaso, notre sexualité n’est pas une chose que vous pouvez juger, de quelque manière que ce soit.

22 janvier, 2013 à 18 h 04 min | Commentaires (0) | Permalien